ARTICLE Le Parisien du 5/04/2018

Paris : c’est la première maison d’accueil de jour… pour personnes âgées

>Île-de-France & Oise>Paris|Eric Le Mitouard|04 avril 2018, 12h15|MAJ : 04 avril 2018, 16h34|0
Paris, rue George-Sand (XVIe), mardi. Regina de Benoist et Célia Abita sont les deux fondatrices du premier centre français d’accueil à la journée des personnes âgées. LP/Eric Le Mitouard

La maison Felippa, ouverte dans le XVIe arrondissement, est le premier centre français d’accueil des personnes âgées à la journée. L’occasion d’y travailler sa mémoire ou ses talents artistiques.

La rue George-Sand (XVIe) est tranquille, mais passée la porte sécurisée de la maison Felippa, vous découvrez un cocon où les personnes âgées du XVIe, du XVIIe, du VIIe mais aussi de Neuilly et de Boulogne (Hauts-de-Seine) ont trouvé leur espace de détente et de création. Un bon exemple alors que s’ouvre, ce jeudi, le salon des seniors, porte de Versailles (XVe).

« Nous voulions créer une alternative à la maison de retraite. Ici, nous accueillons les personnes en perte d’autonomie, à la journée, en leur proposant des activités le matin et l’après-midi. Cela leur permet de prolonger au maximum leur maintien à domicile », déclare Regina de Benoist, dont la grand-mère espagnole, Felippa, décédée en 2012, a inspiré l’idée de ce lieu convivial. Célia Abita, ancienne directrice de maison de retraite a, elle, apporté son expérience du contact avec les personnes âgées. C’est par elle que chaque futur bénéficiaire de ces nouveaux services est accueilli, avec un membre de sa famille. « Nous acceptons tout le monde, mais c’est toujours mieux de voir le potentiel de chacun ».

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Cécile, 52 ans, y a inscrit ses deux parents. « Mon père vient le matin pour les activités artistiques. Il a toujours rêvé de faire de l’aquarelle, et c’est ici, maintenant, qu’il s’y est mis. Ma mère vient davantage pour les débats l’après-midi. Pour tous les deux, on trouve une très grande bienveillance ».

Petite musique d’ambiance douce et échanges

C’est ce qui fait le succès débutant de cette maison, créée ici il y a à peine quinze mois et qui a déjà eu ses 60 inscrits. Il est vrai, la salle de travail est chaleureuse avec ses tables et ses chaises blanches, son petit coin salon, et son bar pour servir les repas. Petite musique d’ambiance douce et échanges entre bénéficiaires de tous âges. « Nous avons des stagiaires pour devenir aides à domicile, et cela permet des échanges intergénérationnels », reconnaît Regina.

Alors à chaque matin ses activités : art-thérapie le mardi, renforcement musculaire le mercredi, travail de la mémoire le jeudi, et le vendredi initiation aux nouvelles technologies (matinées à 50 euros pour deux heures d’activité). L’après-midi, selon les intervenants, ce sont débats (avec thé), travail de la respiration, sensibilisation aux dangers de la rue ou petit parcours mémoire. Il faut compter 100 euros pour la journée complète et 120 euros avec le repas.

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L’art-thérapie a lieu le mardi matin. LP/Eric Le Mitouard.Felippa s’occupe de tout : « Nous avons un partenaire qui va chercher les personnes qui ne peuvent pas se déplacer seules, un prestataire pour nous préparer les repas »… Et les fondatrices, leur salarié, aidé des stagiaires et de deux bénévoles, font tourner la maison… tout en douceur.

« Notre objectif est de rompre l’isolement des personnes âgées, mais nous devons aussi penser à l’équilibre financier de l’opération », soulignent les deux femmes. Alors que ce type de maison est très répandu en Espagne, en Belgique ou en Allemagne, la France est en retard sur ce plan. Un soutien des caisses de retraite permettrait le développement des maisons Felippa dans toutes les grandes villes. C’est l’objectif.

« Cela crée des stimulations sensorielles »

Sur la table de travail, Françoise Balsan, peintre et intervenante dans la maison Felippa, a étalé des dessins. « Chacun choisi celui qu’il veut copier. D’autres peuvent juste décider de travailler les couleurs. Cela crée une stimulation sensorielle », souligne-t-elle.

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La peintre Françoise Balsan intervient dans la maison Felippa/Eric Le MitouardEt Marie-Jeanne, 87 ans, semble s’en porter parfaitement. Cet art-thérapie lui convient très bien. « J’habite dans le quartier. Je viens seule trois fois par semaine ». Et son dessin prend déjà forme. « Chez moi, cela ne me viendrait pas à l’idée de faire de l’aquarelle. Mais ici, c’est différent ».

En face d’elle, une jeune stagiaire peint un joli pigeon gris. En face, c’est une autre dame qui trace les pétales d’un bouquet de tulipes. « Ce sont des dessins de saison », s’amuse Françoise. Marie-Jeanne est aussi une adepte des débats-thé de l’après-midi.

Le dernier en date, sur Mozart, a été agrémenté d’une conférence donnée par l’une des bénéficiaires. Chacun y apporte sa contribution. Les maîtres mots sont… plaisir et partage.

Maison Felippa, 32, rue George-Sand (XVIe). Ateliers ouverts de 10 heures à 12 heures et de 14h45 à 18 heures. Renseignements au 01.46.51.26.03.

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